Pour un installateur thermique, la pression est une donnée fondamentale. Mais il faut distinguer deux états. La pression statique est celle lue sur le manomètre lorsque l'eau est froide et que le circulateur est à l'arrêt. Elle correspond au poids de la colonne d'eau dans l'installation. La pression dynamique, quant à elle, varie dès que le circulateur se met en marche ou que l'eau commence à monter en température.
Si vous observez que l'aiguille du manomètre "saute" ou grimpe de façon vertigineuse dès que la chaudière démarre, c'est le signe que le réseau n'a plus de zone de compensation. L'eau étant incompressible, la moindre dilatation provoque une hausse de pression immédiate qui met l'installation en danger.
Pour savoir si un vase d'expansion est mort, appuyez brièvement sur la valve de gonflage située sur le dessus (ou le côté). Si de l'eau sort par la valve, la membrane est percée : le vase est "noyé" et doit être remplacé. S'il n'y a ni air ni eau, le vase est simplement dégonflé.
Le vase d'expansion est un réservoir séparé en deux par une membrane en caoutchouc. Un côté contient l'eau du chauffage, l'autre contient de l'air ou de l'azote sous pression. Son rôle est d'absorber le surplus de volume d'eau créé par la chauffe.
Symptôme d'un vase défaillant : La pression monte très vite quand la chaudière chauffe (parfois jusqu'à 3 bars), ce qui déclenche la soupape, puis redescend à zéro dès que l'eau refroidit. Ce cycle "montagne russe" est épuisant pour les raccords et finit par boucher les purgeurs avec les débris de membrane.
La soupape de sécurité est le garde-fou du système. À 3 bars, elle s'ouvre pour évacuer l'eau et protéger le corps de chauffe. Le problème est qu'une fois ouverte, elle laisse souvent passer des micro-particules de boues ou de calcaire qui viennent se loger sur le siège d'étanchéité.
Même si la pression redescend à 1,5 bar, la soupape continue de goutter. Dans 90% des cas, il est inutile d'essayer de la nettoyer ; le ressort ou le joint sont marqués. Le remplacement de la soupape est l'unique solution fiable pour stopper la chute de pression permanente.
Si votre pression monte tout doucement sans que vous ne touchiez à rien, le coupable est souvent le robinet de remplissage (ou le disconnecteur). S'il n'est pas parfaitement fermé ou si son clapet est fuyard, l'eau du réseau sanitaire (à 3 ou 4 bars) migre vers le circuit de chauffage.
Cela provoque une montée lente et régulière de l'aiguille jusqu'à l'ouverture de la soupape de sécurité. Pensez à vérifier que les deux vannes de remplissage (sur les modèles qui en possèdent deux) sont bien en position fermée.
Ne gonflez jamais un vase si l'installation est sous pression ! Voici la procédure exacte :
- Éteindre la chaudière et isoler les vannes de départ/retour chauffage.
- Ouvrir une vidange ou un purgeur pour faire tomber la pression d'eau à zéro (laisser ouvert).
- Brancher une pompe avec manomètre sur la valve du vase.
- Gonfler à la pression cible (généralement 0,8 à 1 bar selon la hauteur de l'habitation). De l'eau va sortir par la vidange, c'est normal.
- Refermer la vidange, rouvrir les vannes et refaire l'appoint d'eau à 1,5 bar.
Cochez les symptômes observés :
Une question technique ?
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Pourquoi la pression baisse-t-elle après une purge ?
C'est normal. En évacuant l'air emprisonné dans les radiateurs, vous réduisez le volume total de fluide. Il faut systématiquement refaire l'appoint d'eau après avoir purgé le réseau.