Génie Sanitaire & Thermique

L'impact du calcaire sur vos installations : La science du tartre

DifficultéExpertise Technique
Lecture25 mins de lecture
NormeNF / DTU 65.16
ImpactÉnergétique Majeur

Dans l'univers de la plomberie et du génie climatique, le calcaire est souvent surnommé "l'ennemi silencieux". S'il est indispensable à la potabilité de l'eau, sa cristallisation sous l'effet de la chaleur transforme un fluide caloporteur efficace en une source de pannes coûteuses. Pour comprendre son impact, il faut analyser les transferts d'enthalpie et les contraintes mécaniques sur les composants nobles du cycle thermodynamique.

1. Thermodynamique et Mécanique des Fluides Hydrauliques

L'analyse thermodynamique du calcaire repose sur sa faible conductivité thermique. Le tartre (carbonate de calcium) agit comme une résistance thermique parasite. Dans un évaporateur ou un échangeur à plaques, la formation de tartre réduit le coefficient de transfert thermique global ($U$). Cela signifie que pour fournir la même puissance calorifique à l'eau, le système doit augmenter la température de sa source primaire, dégradant immédiatement le COP.

D'un point de vue mécanique, l'accumulation de tartre modifie le diamètre hydraulique interne des tubes. Selon l'équation de Bernoulli, cette réduction de section provoque une augmentation de la vitesse du fluide et, par extension, une augmentation quadratique des pertes de charge. Le circulateur doit alors compenser par une consommation électrique accrue, sollicitant les paliers et les joints.

2. Loi de Charles et Influence de la Température sur le Tartre

Bien que la Loi de Charles ($V/T = k$) porte sur les gaz, elle est cruciale pour comprendre la précipitation calcaire. Lorsque la température ($T$) de l'eau augmente, la solubilité du dioxyde de carbone ($CO_2$) diminue. Le $CO_2$ s'échappe (expansion gazeuse), ce qui rompt l'équilibre calco-carbonique et force la précipitation du carbonate de calcium solide.

C'est pourquoi le tartre se dépose prioritairement sur les zones les plus chaudes de l'installation : les résistances électriques, les corps de chauffe et les plaques des échangeurs. Une installation régulée au-delà de 60°C voit sa vitesse d'entartrage multipliée par quatre par rapport à une consigne à 50°C.

3. Effet Joule : Friction, Calcaire et Perte de Rendement

L'Effet Joule ($P = R \cdot I^2$) est le principal vecteur de destruction des chauffe-eau électriques entartrés. Le calcaire entoure la résistance d'une gangue isolante. La chaleur produite par effet Joule ne peut plus se dissiper efficacement dans l'eau ($R$ thermique augmente).

La température interne du filament de la résistance monte alors au-delà de ses limites de tolérance métallurgiques. Cela entraîne une dilatation excessive (contrainte mécanique) et la rupture finale de l'élément chauffant. En plomberie technique, 1 mm de tartre déposé équivaut à une perte de rendement direct de 10% sur votre facture énergétique.

Perte de Rendement

1 mm de tartre = 10% de consommation électrique en sus.

Rupture Mécanique

Surchauffe des résistances et grippage des circulateurs.

Baisse de Débit

Réduction du diamètre utile et augmentation des pertes de charge.

4. Dureté de l'eau et Titre Hydrotimétrique (TH)

La dureté d'une eau se mesure par son Titre Hydrotimétrique (TH), exprimé en degrés français (°f). Elle correspond à la concentration en sels de calcium et de magnésium. Une eau est dite "dure" au-delà de 15°f. Dans de nombreuses régions, le TH dépasse les 30°f, ce qui signifie que chaque mètre cube d'eau transporte plusieurs centaines de grammes de roche potentielle qui finira par se cristalliser sous forme d'Aragonite ou de Calcite.

5. Analyse des composants PAC : Compresseur, Détendeur, Vanne 4 voies

Dans une pompe à chaleur (PAC), le calcaire attaque les organes de régulation du fluide frigorigène par répercussion thermique :

6. Stratégies de lutte et Normes NF DTU 65.16

Le DTU 65.16 impose des règles strictes sur la qualité de l'eau de remplissage des réseaux de chauffage. L'utilisation d'adoucisseurs à résines (échange ionique) est la solution standard, mais elle doit être régulée : une eau trop douce (TH < 8°f) devient agressive pour les métaux.

Les solutions d'inhibition magnétique ou électronique, quant à elles, ne retirent pas les minéraux mais modifient la structure cristalline du calcaire pour l'empêcher d'adhérer aux parois froides ou chaudes.

7. Diagnostic étape par étape d'un réseau entartré

Pour auditer votre installation, nos experts suivent ce protocole :

  1. Mesure du TH : Analyse chimique de l'eau froide et de l'eau chaude.
  2. Audit Thermographique : Repérage des points chauds sur le corps de chauffe (signe d'isolant tartrique).
  3. Analyse Acoustique : Le bruit de "bouilloire" dans un ballon est le signe d'une ébullition localisée sous une couche de tartre.
  4. Test de Débit Différentiel : Mesure de la perte de pression entre l'entrée et la sortie du générateur.

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