Génie Hydraulique & Matériaux

Le Guide du Sertissage : L'assemblage mécanique haute pression sans flamme

DifficultéExpertise Pro
Lecture25 mins de lecture
OutillageHautement Spécifique
NormeDTU 65.16

En l'espace de dix ans, le sertissage est devenu le standard absolu des réseaux haute pression. Mais derrière cette apparente simplicité se cache une ingénierie de précision où l'erreur de millimètre ne pardonne pas sur la longévité du système thermodynamique.

"Le sertissage a instauré une nouvelle rigueur : celle du profil de mâchoire. Une erreur de profil, et c'est toute la garantie décennale qui s'annule."

1. Thermodynamique et Mécanique des Fluides

Le sertissage hydraulique n'est pas qu'un simple serrage mécanique. C'est une application directe de la thermodynamique et de la résistance des matériaux. Lorsque la mâchoire d'une sertisseuse exerce une pression de plusieurs tonnes, nous modifions localement la structure du métal pour créer une liaison étanche.

Dans un cycle thermodynamique de chauffage ou de climatisation, les liaisons doivent supporter des variations de Pression et de Température extrêmes. L'étanchéité repose sur le joint torique en EPDM, dont la durabilité est régie par la stabilité chimique du fluide circulant. Un sertissage non conforme peut entraîner des fuites fatales lors des pics de pression hydraulique (coups de bélier).

2. L'impact de l'Effet Joule en sertissage

Bien que le sertissage soit une technique "froide", l'Effet Joule ($P = R \cdot I^2$) intervient dans la maintenance des outils électro-portatifs. La résistance interne des batteries et des moteurs des sertisseuses génère une chaleur qui doit être dissipée pour maintenir une force de pression constante.

Un outil en surchauffe risque de ne pas terminer son cycle de compression, laissant le raccord "non-étanche" malgré une apparence correcte. C'est pourquoi les experts Klymafluid contrôlent systématiquement la charge et l'état thermique de l'outillage avant chaque série de sertissages sur colonne montante.

ProfilMatériau CompatibleUsage Type
Profil THMulticoucheDistribution domestique standard.
Profil VCuivre / InoxRéseaux gaz et tertiaire.
Profil MAcier Carbone / InoxChauffage central industriel.
Profil PPRPolypropylènePolyfusion thermique (Miroir).

3. La guerre des profils : TH, V, M ou U ?

C'est ici que réside la complexité du métier. Chaque fabricant de raccords a développé sa propre géométrie d'écrasement. Utiliser une mâchoire inadéquate garantit une fuite à moyen terme. En plomberie pro, la géométrie du raccord est calculée pour que l'écrasement soit optimal sans cisailler le métal du tube.

Le profil TH est le standard le plus répandu pour le multicouche, garantissant une compression sur trois points de contact, tandis que le profil V est l'allié incontournable des installations en cuivre haut de gamme, permettant une étanchéité moléculaire sans apport de flamme.

4. Loi de Charles et dilatation thermique

La Loi de Charles nous apprend qu'à pression constante, le volume d'un fluide (ou par extension la dilatation d'un matériau) est proportionnel à la température absolue ($V \propto T$). Dans les réseaux sertis, cette loi est fondamentale pour le calcul des lyres de dilatation.

Un raccord serti doit pouvoir absorber les micro-mouvements générés par l'expansion thermique. Si le réseau est bridé sans zones de compensation, la force de traction exercée sur le sertissage peut dépasser la limite élastique du métal, provoquant un glissement du tube hors du raccord, synonyme de sinistre majeur.

5. Le focus PPR : La polyfusion thermique moléculaire

Incontournable en milieu industriel et pour les réseaux d'eau glacée, le PPR (Polypropylène Random) offre une alternative par fusion. Ici, l'outil (la polyfusée) chauffe simultanément le tube et le raccord à 260°C pour créer une liaison moléculaire indissociable.

Contrairement au sertissage mécanique, la polyfusion PPR fusionne les deux composants pour n'en former qu'un seul. C'est une liaison "homogène". Le respect de la température de 260°C est critique : une sous-chauffe crée un collage de surface fragile, une sur-chauffe dégrade le polymère.

💎 Secret d'Expert : La règle du "Zéro Rotation"

Lors de l'emboîtement d'un tube PPR chauffé, il est strictement interdit de tourner le tube. Une rotation crée des micro-canaux dans la matière fondue qui deviennent des fuites sous haute pression.

6. Analyse des composants : PAC et Terminaux

Dans une installation de pompe à chaleur, la qualité de l'assemblage impacte directement les composants critiques :

7. Normes et Diagnostics étape par étape

Le respect du DTU 65.16 est impératif pour les installations de pompes à chaleur. Ce document régit la mise en œuvre des réseaux et impose des tests d'étanchéité rigoureux. Chez Klymafluid, le diagnostic suit ce protocole :

  1. Contrôle visuel (Pré-sertissage) : Vérifier l'absence de rayures sur le tube qui créeraient des fuites par capillarité.
  2. Marquage de profondeur : Tracer la butée au feutre pour vérifier l'insertion après sertissage.
  3. Sertissage : Positionner la mâchoire à 90° et déclencher le cycle automatique complet.
  4. Test de mise en pression : Épreuve à 1.5 fois la pression de service pendant 2 heures minimum.

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