En plomberie sanitaire, la pression est nécessaire pour acheminer l'eau aux étages supérieurs, mais au-delà d'un certain seuil, elle devient destructrice. Le réseau public de distribution livre souvent l'eau à des pressions dépassant 5 ou 6 bars pour garantir le service à tous. Pour une installation domestique, la norme de confort et de sécurité se situe à 3 bars.
Une pression trop élevée provoque :
- L'usure prématurée : Les joints de robinetterie et les membranes des appareils (lave-linge, lave-vaisselle) s'épuisent mécaniquement.
- Le coup de bélier : Ces chocs brutaux lors de la fermeture d'un mitigeur qui font trembler les murs et peuvent fendre les soudures.
- Le gaspillage d'eau : À chaque ouverture de robinet, vous consommez plus de litres que nécessaire pour un usage identique.
Le réducteur de pression est un appareil de robinetterie automatique. Son principe repose sur l'équilibre entre la pression de l'eau et la force d'un ressort interne réglable. Contrairement à une simple vanne qui réduit le débit mais laisse la pression monter à l'arrêt, le réducteur maintient une pression statique constante.
Lorsqu'aucun robinet n'est ouvert, l'eau pousse sur le clapet du réducteur. Si cette force dépasse celle du ressort, le clapet se ferme. Dès qu'un robinet s'ouvre, la pression baisse légèrement, le ressort repousse le clapet, et l'eau circule à nouveau à la pression de consigne réglée (généralement 3 bars).
L'un des symptômes les plus fréquents d'une pression trop élevée est le groupe de sécurité du chauffe-eau qui coule en permanence, même en dehors des périodes de chauffe. Le groupe de sécurité est taré à 7 bars. Si la pression du réseau monte à 5 bars la nuit (quand la consommation globale baisse dans la rue), la dilatation de l'eau lors de la chauffe fait grimper la pression interne du ballon au-delà de 7 bars très rapidement.
L'installation d'un réducteur de pression en amont de l'installation permet de limiter cette pression d'entrée à 3 bars, offrant une "marge de manoeuvre" au ballon et évitant le gaspillage de centaines de litres d'eau par an via le goutte-à-goutte de la soupape.
Un réducteur de pression (type Desbordes) est capable de maintenir une pression stable même à débit nul. Un régulateur de pression, souvent moins cher, ne fonctionne correctement qu'en dynamique (eau en mouvement). Pour la protection d'une maison, exigez toujours un modèle conforme à la norme NF EN 1567.
Pour une protection totale, le réducteur doit être installé juste après le compteur d'eau et le clapet anti-retour général. Voici les étapes clés :
- Couper l'alimentation générale et vidanger le circuit.
- Respecter le sens de pose (indiqué par une flèche sur le corps de l'appareil).
- Installer des vannes d'isolement de chaque côté pour faciliter la maintenance future.
- Le Manomètre : C'est l'outil indispensable. Sans lui, vous réglez "à l'aveugle". Vissez le manomètre sur la prise prévue à cet effet sur le réducteur.
- Ouvrir l'eau et ajuster la vis de réglage (serrer pour augmenter la pression, desserrer pour la réduire) jusqu'à lire 3 bars sur le cadran.
Un réducteur de pression n'est pas éternel. Le tartre ou l'usure du siège peuvent le rendre inopérant. Le signe le plus flagrant d'un réducteur défectueux est la pression qui remonte lentement à l'arrêt.
Faites le test : fermez tous les robinets et regardez votre manomètre. S'il affiche 3 bars puis monte doucement vers 5 ou 6 bars après quelques minutes, c'est que le clapet interne n'est plus étanche. L'appareil ne remplit plus sa fonction "statique" et doit être remplacé.
Cochez les symptômes observés chez vous :
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Le réducteur réduit-il aussi le débit ?
Indirectement oui. En baissant la pression, la quantité d'eau sortant du robinet par seconde diminue. C'est pour cela qu'il est une source d'économie d'eau importante. Cependant, un réducteur bien dimensionné ne doit pas empêcher le fonctionnement normal de vos douches ou appareils.